Le Conseil fédéral suisse refuse à ce stade d’accorder une garantie financière au projet d’hydrogénoduc porté par Transitgas. La décision, confirmée le 2 septembre 2026, repose sur l’incertitude entourant la future demande d’hydrogène en Suisse.
Un axe de transit entre l’Afrique du Nord et l’Allemagne
Transitgas veut construire une conduite dédiée et convertir une partie du gazoduc de transit existant. L’infrastructure doit alimenter le marché suisse et créer une route supplémentaire vers l’Allemagne pour l’hydrogène venant d’Afrique du Nord, dans le cadre du SoutH2 Corridor.
Le coût d’investissement dépasse un milliard de francs suisses. Face aux incertitudes des financeurs, les actionnaires avaient demandé une garantie de la Confédération.
Une demande encore trop difficile à prévoir
L’Office fédéral de l’énergie estime que les analyses disponibles ne permettent pas de formuler des hypothèses suffisamment solides sur l’évolution du marché. Le gouvernement considère qu’aucun intérêt public supérieur ni défaillance de marché justifiant un soutien étatique ne sont démontrés pour le moment.
La porte reste ouverte
Berne reconnaît cependant l’importance d’un raccordement au futur réseau européen d’hydrogène. Le Conseil fédéral se dit prêt à réexaminer le dossier lorsque le projet sera plus avancé, que le marché aura pris de l’ampleur et que des évaluations étayées des besoins suisses seront disponibles.
La décision ne condamne donc pas l’infrastructure. Elle reporte l’engagement financier public jusqu’à ce que la demande et le modèle économique deviennent plus lisibles.
Source : article de la rédaction de Connaissance des Énergies, 4 septembre 2026.