Solaire en Afrique : les installations réelles dépasseraient largement les statistiques

Le développement du solaire en Afrique serait nettement plus rapide que ne l’indiquent les statistiques officielles. Ember estime que 36 des 54 pays du continent devraient battre leur record annuel d’installations en 2026.

Une estimation de 17 GW en 2026

Le centre de réflexion prévoit 17 GW de nouvelles capacités solaires cette année, soit 45 % de plus qu’en 2025. Son calcul intègre les exportations douanières chinoises et applique un taux d’installation calibré : environ 73 % des panneaux seraient posés dans les six mois suivant leur exportation.

Entre juillet 2025 et juin 2026, la Chine a expédié 23 GW de panneaux vers l’Afrique. Malgré l’essor d’usines en Égypte et en Tanzanie, 94 % des panneaux installés sur le continent restent importés de Chine.

Le solaire décentralisé échappe aux relevés

Ember estime que près des trois quarts des capacités ajoutées entre 2023 et 2025, environ 20 GW sur 26 GW, relevaient d’installations décentralisées. En 2025, son estimation atteint 12 GW, contre 6,2 GW pour l’AIE et 4,6 GW pour l’Irena.

Seuls 14 pays africains publiaient alors des données officielles sur leurs capacités solaires, et trois seulement diffusaient des statistiques trimestrielles.

Un effet très différent selon les pays

Les capacités prévues en 2026 pourraient produire près de 23 TWh par an, soit environ 2,3 % de l’électricité générée sur le continent en 2024. En Sierra Leone, l’apport pourrait presque doubler la production nationale. L’impact serait plus limité en Afrique du Sud et en Égypte, dont les systèmes électriques sont beaucoup plus grands.

Source : analyse de la rédaction de Connaissance des Énergies, 31 août 2026, d’après Ember et African Tech Futures Lab.