Belgique-ENGIE : les négociations nucléaires visent le 4 novembre 2026, sans conclusion automatique

La Belgique poursuit ses négociations exclusives avec ENGIE sur l’acquisition de ses activités nucléaires. La date cible du 4 novembre 2026 est une échéance de négociation, et non une conclusion automatique de la transaction. Le pays vise aussi 4 GW de nucléaire et développe l’éolien offshore.

La Belgique a annoncé fin septembre la poursuite de négociations exclusives avec ENGIE en vue de l’acquisition, par l’État belge, des activités nucléaires du groupe. La date cible du 4 novembre 2026 doit permettre de conclure le protocole d’accord, mais elle ne constitue pas une date automatique de conclusion de la transaction.

Selon Mathieu Bihet, ministre belge de l’Énergie, les discussions portent sur une opération couvrant l’ensemble des activités nucléaires concernées en Belgique. La lettre d’intention signée par l’État belge avec ENGIE en avril 2026 inclut notamment les sept réacteurs, les activités et filiales concernées, le personnel, ainsi que les actifs et passifs associés.

Un choc des prix sans problème d’approvisionnement, selon le ministre

Selon Mathieu Bihet, le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent actuellement en Belgique un choc des prix de l’énergie, mais pas de problème de sécurité d’approvisionnement.

Pour le pétrole, le ministre estime que la Belgique ne dépendait pas directement du détroit d’Ormuz pour ses approvisionnements. Il met en avant la ligne ARA — Amsterdam, Rotterdam, Anvers —, les capacités de raffinage du pays et la possibilité de diversifier les sources.

Pour le gaz, Mathieu Bihet souligne le rôle d’un réseau d’interconnexions développé, qui permet à la Belgique de diversifier ses approvisionnements et de bénéficier de la fluidité du marché européen.

Pour amortir la hausse des prix de l’énergie, le gouvernement belge a prévu, selon le ministre, une enveloppe de 80 millions d’euros. Elle comprend 65 millions d’euros pour les trajets domicile-travail et 15 millions d’euros pour renforcer les fonds sociaux destinés aux ménages vulnérables.

Un mix associant nucléaire et renouvelables

Le gouvernement belge vise une capacité nucléaire de 4 GW dans le mix électrique, sous réserve des conditions de durabilité, de sûreté et de maîtrise des coûts prévues par le Plan fédéral énergie et climat.

En mai 2025, le Parlement belge a adopté une loi levant les obstacles de la loi de sortie du nucléaire de 2003 et ouvrant la voie au développement de nouvelles capacités nucléaires.

Selon Mathieu Bihet, le Plan national énergie-climat prévoit une contribution de 20,4 % des énergies renouvelables à la consommation finale brute d’énergie en 2030. Ce chiffre devra être réévalué à la lumière de la transposition de la directive européenne RED III.

La Belgique dispose déjà de 2,261 GW d’éolien offshore dans la zone orientale de la mer du Nord. La zone Princesse Elisabeth doit permettre d’ajouter entre 3,15 et 3,5 GW, pour viser une capacité de 5,4 à 5,8 GW dans le Plan national énergie-climat.

Les données du Belgian Energy Data Overview du SPF Économie indiquent une consommation d’énergie primaire de 49,3 Mtep en 2025. Le pétrole et les produits pétroliers en représentaient 43,3 %, le gaz naturel 24,3 %, les énergies renouvelables et déchets 12,5 % et le nucléaire 11,7 %.

Une réforme du marché de l’électricité à partir de 2027

La réforme belge du marché de l’électricité prévoit une grille tarifaire plus claire et plus facilement comparable à partir de 2027. Les premières mesures contre les réductions trompeuses sont entrées en vigueur le 1er octobre 2026, tandis que la réforme dans son ensemble doit s’appliquer à partir du 1er janvier 2027.

Selon la CREG, près de deux millions de ménages belges pourraient économiser jusqu’à 300 euros par an en choisissant un contrat d’énergie plus avantageux. Environ 700 000 ménages pourraient économiser jusqu’à 700 euros. Ces montants relèvent de possibilités liées au choix d’un contrat plus avantageux.

Les négociations avec ENGIE portent sur un large périmètre

La lettre d’intention signée en avril 2026 par l’État belge et ENGIE porte sur l’ensemble des activités nucléaires concernées en Belgique. Elle comprend notamment les sept réacteurs, les activités et filiales concernées, le personnel, ainsi que les actifs et passifs associés.

La date cible du 4 novembre 2026 pour la conclusion des Heads of Terms est présentée par Mathieu Bihet comme une échéance de négociation destinée à permettre aux parties de finaliser leurs analyses et leurs discussions. Elle ne vaut donc pas conclusion automatique de la transaction.

L’hydrogène : une ambition de hub, avec une approche progressive

La Belgique veut utiliser ses ports, ses infrastructures énergétiques et son intégration au marché européen pour jouer un rôle de hub d’importation d’hydrogène en Europe. Selon Mathieu Bihet, cette orientation doit répondre aux besoins de l’industrie belge et, plus largement, de voisins européens.

Le ministre défend toutefois une approche progressive afin d’éviter des infrastructures surdimensionnées avant que la demande ne soit suffisante. Le dimensionnement des infrastructures doit ainsi tenir compte de la demande réelle.

Une action internationale sur le pétrole à l’étude

Selon Mathieu Bihet, le G7 et l’Agence internationale de l’énergie ont annoncé une action coordonnée pouvant mettre jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers sur le marché au cours des quatre prochains mois. La Belgique examine les modalités et les implications de cette action.

La stratégie présentée par le ministre associe donc la poursuite des négociations nucléaires avec ENGIE, le développement de l’éolien offshore, une réforme du marché de l’électricité et une approche progressive de l’hydrogène.

Source : Connaissance des Énergies