Le gouvernement présente 17 mesures pour accélérer l’électrification

Présentée le 15 octobre, la deuxième phase du plan d’électrification comprend 17 mesures sur le chauffage, les véhicules électriques, la recharge, les transports, l’industrie et les réseaux.

Le gouvernement a présenté le 15 octobre la deuxième phase du plan d’électrification, lancé en avril. Cette nouvelle étape comprend 17 mesures consacrées au chauffage des logements, aux véhicules électriques, à la recharge, aux transports collectifs, à l’industrie et aux raccordements au réseau.

Chauffage : simplification des aides et sortie du fioul

La première mesure prévoit de mettre fin au double guichet MaPrimeRénov’ et certificats d’économies d’énergie (CEE) pour les pompes à chaleur air/eau et géothermiques. Ces équipements seront soutenus uniquement par les CEE, avec une aide accordée a priori. L’offre intégrée, qui comprend l’installation, la maintenance et une électricité à prix fixe pendant trois ans, est portée à environ 9 800 euros en moyenne. Elle vise 55 000 ménages modestes, tandis que l’objectif global est d’atteindre un million de pompes à chaleur installées en 2030. L’offre intégrée est prévue au 1er octobre 2026 et les autres aides au 1er janvier 2027.

La deuxième mesure prévoit l’interdiction complète des nouvelles chaudières au fioul, y compris celles compatibles avec un mélange à 30 % de biofioul. L’objectif est de diviser par deux d’ici 2030 le nombre de ménages chauffés au fioul, estimé à 2,6 millions, et de faire sortir du fioul 200 000 logements dans les territoires d’électrification. Les textes doivent être publiés avant le 1er mars 2027.

Dans les 109 territoires d’électrification, une prime pouvant atteindre 1 000 euros par logement est prévue pour les ménages qui se déconnectent du réseau de gaz dans les zones de sortie du gaz, hors Corse. L’objectif est de faire sortir du gaz environ 300 000 logements au profit de l’électricité d’ici 2030. Les zones concernées doivent être déterminées par les 109 territoires d’ici mars 2027.

Par ailleurs, 50 millions d’euros sont prévus pour accompagner les ménages chauffés au fioul. Cette enveloppe doit notamment financer des prêts de radiateurs électriques, une aide à la dépose de la cuve et des chèques énergie en échange d’un engagement à installer une pompe à chaleur. La mesure est prévue pour fin novembre 2026.

Véhicules électriques et recharge

Pour les TPE et PME, une prime supplémentaire est prévue à l’achat de véhicules utilitaires légers électriques produits en Europe. Elle peut porter le soutien jusqu’à 11 000 euros pour les modèles assemblés en Europe, à compter du 1er janvier 2027.

Une nouvelle aide concernera aussi les quadricycles électriques L6 et L7 assemblés dans l’Espace économique européen. Elle atteint 2 000 euros pour les L7, pour un prix d’environ 10 000 euros aides déduites. Les objectifs sont de soutenir 15 000 L6 en 2027 et de vendre 150 000 L7 produits en Europe en 2030.

La conduite d’utilitaires électriques pesant jusqu’à 4,25 tonnes avec un permis B est également prévue. Cette mesure transpose une directive européenne de novembre 2025 afin de compenser le poids des batteries, qui réduit la charge utile d’au moins 200 kg par rapport aux modèles thermiques. Elle est prévue au 1er janvier 2027.

Dans les maisons individuelles, une aide de 500 euros doit soutenir l’installation d’une borne de recharge pilotable, intégrée à la prime CEE pour les véhicules électriques. Selon l’estimation du gouvernement, le pilotage réduirait d’environ 35 % le budget annuel moyen de recharge, de 420 à 270 euros. La recharge bidirectionnelle permettrait d’atteindre jusqu’à 300 euros d’économie annuelle. La mesure est prévue au 1er janvier 2027.

La transparence des tarifs doit également être renforcée. Sur les bornes rapides d’au moins 50 kW, le prix en euros par kWh et la puissance instantanée délivrée devront être affichés. Une note de paiement détaillée sera exigée pour toutes les bornes. L’arrêté doit être mis en consultation d’ici le 1er novembre 2026. La mise en œuvre est prévue en avril 2027 pour la note de paiement et les nouvelles stations, puis en novembre 2027 pour l’affichage dans les stations existantes.

Réseaux de chaleur, bâtiments et transports collectifs

Le plan prévoit 100 millions d’euros pour soutenir la production centralisée de chaleur par la géothermie et les pompes à chaleur dans les réseaux de chaleur. L’objectif est de doubler d’ici 2030 la part de la chaleur produite par géothermie dans ces réseaux. Le dispositif est annoncé pour janvier 2027.

Les aides aux pompes à chaleur collectives et tertiaires, aérothermiques et géothermiques, seront renforcées. Pour le logement collectif, ce soutien sera conditionné à un critère de qualité et de fabrication en Europe. L’objectif est d’équiper 15 000 logements en 2027, avec un dispositif prévu en mars 2027.

Les aides aux bus et cars électriques fabriqués en Europe pourront atteindre 130 000 euros pour un bus grande capacité et 123 000 euros pour un car. L’objectif est d’atteindre au moins 1 000 autobus et autocars électriques en 2027. Le soutien est prévu immédiatement pour les bus et au 1er janvier 2027 pour les cars.

Le renouvellement ou la remotorisation de TER en 100 % électrique à batteries sera aussi soutenu sur les 40 % du réseau ferré sans caténaire. Ces trains auront une autonomie proche de 100 km. L’objectif est d’électrifier 100 TER d’ici dix ans, avec un soutien disponible à partir du 1er mars 2027.

Hydrogène, carburants durables et raccordements

Un nouvel appel d’offres de 1,2 milliard d’euros doit soutenir la production d’hydrogène par électrolyse pour l’industrie lourde, notamment l’acier et les engrais. L’objectif est de soutenir 250 MW de capacités d’électrolyse sur quinze ans, pour une production d’environ 35 kilotonnes d’hydrogène. L’appel d’offres doit ouvrir au 1er février 2027, sous réserve du vote de la loi de finances.

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit par ailleurs un mécanisme de « double enchère » destiné à sécuriser l’achat, par les compagnies aériennes, de carburants d’aviation durables produits en France à partir d’électricité décarbonée. L’objectif est d’atteindre une production française de 160 kilotonnes d’e-SAF à l’horizon 2030. La mesure figure dans le texte initial du projet de loi de finances pour 2027.

La seizième mesure prévoit de réserver au moins 1 GW de capacité supplémentaire sur le réseau de RTE en Île-de-France et de réformer sa file d’attente pour raccorder plus rapidement des projets industriels et des centres de données. Ces derniers devront prendre un engagement financier. Les paramètres doivent être définis à la mi-octobre 2026, avant une éventuelle extension à d’autres régions.

Un dispositif de prêts pour les TPE et PME

Enfin, 1 milliard d’euros de prêts « électrification » doit être proposé aux TPE et PME à un taux d’environ 1,5 %, contre 3,7 % sur le marché. Le dispositif est financé à hauteur de 100 millions d’euros par un programme CEE et doit permettre de financer jusqu’à 20 000 équipements électriques, notamment des pompes à chaleur, des véhicules légers ou utilitaires électriques, des poids lourds, des fours électriques, des rôtisseries ou des cabines de peinture.

L’Ademe doit lancer un appel à manifestation d’intérêt le 1er décembre 2026 pour sélectionner les banques au début de 2027. Les prêts doivent être ouverts le 1er février 2027.

Source : Connaissance des Énergies