Rapport de l’UNEP : les politiques actuelles projettent 2,6 à 2,8 °C de réchauffement en 2100

Le rapport 2026 de l’UNEP projette 2,6 à 2,8 °C de réchauffement en 2100 si les politiques actuelles se prolongent. Le seuil de 1,5 °C est jugé inévitablement franchi dans les prochaines décennies, tandis que les renouvelables progressent plus vite qu’attendu.

Le rapport annuel de l’UNEP, publié en amont de la COP, mesure l’écart entre les trajectoires réelles d’émissions de gaz à effet de serre et celles nécessaires pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Son édition 2026 projette un réchauffement moyen compris entre 2,6 et 2,8 °C en 2100 si les politiques actuelles sont prolongées.

Les émissions mondiales ne permettent pas encore de confirmer un pic

En 2025, les émissions totales de gaz à effet de serre se sont stabilisées un peu au-dessus de 58 Gt d’équivalents CO2. Cette évolution ne permet toutefois pas d’établir avec certitude que le pic des émissions mondiales a été atteint.

La prolongation des politiques actuelles ne stabiliserait pas les températures moyennes d’ici la fin du siècle. La fourchette projetée de 2,6 à 2,8 °C dépend notamment du degré d’application des contributions nationales déterminées au titre de l’accord de Paris.

Selon le rapport de l’UNEP, le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et de la Convention climat de 1992 retarde leur transition bas carbone. Le rapport relie aussi à la relance de centrales à charbon une augmentation de leurs émissions dès 2025.

Le dépassement de 1,5 °C est jugé inévitable

Compte tenu des émissions accumulées entre 2020 et 2026 et de l’inertie du stock de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, le franchissement du seuil de 1,5 °C au cours des prochaines décennies est désormais considéré comme inévitable.

Les trajectoires visant à revenir à 1,5 °C en 2100 supposent donc de limiter ce dépassement. D’après les calculs des auteurs du rapport, une baisse de 45 % des émissions entre 2025 et 2035 est requise, soit un rythme annuel proche de 6 % sur la décennie, pour revenir d’un réchauffement de 1,7 ou 1,8 °C au milieu du siècle à 1,5 °C en 2100.

Ces trajectoires nécessitent ensuite de passer à des émissions négatives après 2050. Elles reposent d’abord sur le maintien, voire le renforcement si possible, de l’absorption du CO2 par les puits de carbone naturels, notamment l’océan, les forêts, les zones humides et les sols agricoles. Des procédés industriels devraient compléter ce captage. Leurs coûts sont actuellement très élevés, leurs technologies ne sont pas toujours éprouvées et leurs impacts environnementaux restent insuffisamment évalués.

Le rapport estime par ailleurs qu’il est encore possible de limiter le réchauffement à 2 °C à la fin du siècle sans dépassement. Cette trajectoire exige cependant une réduction des émissions à partir de 2025 plus marquée qu’auparavant.

Les renouvelables progressent, mais l’efficacité énergétique décroche

Le rapport de l’UNEP examine la feuille de route énergétique adoptée à la COP28, qui fixe notamment deux objectifs pour la période 2022-2030 : tripler les capacités installées d’énergies renouvelables et doubler le rythme des gains d’efficacité énergétique.

Depuis l’adoption de l’accord de Paris en 2015, le déploiement des énergies renouvelables a été trois fois plus rapide qu’attendu à l’époque. Pour le seul photovoltaïque, il a été sept fois plus rapide. Malgré la trajectoire suivie par les États-Unis, le rapport de l’UNEP considère que le triplement des capacités renouvelables pourrait être atteint en 2035.

Le développement des renouvelables élargit l’usage de l’électricité et limite les émissions de carbone fossile. Il ne suffit toutefois pas à décarboner les économies au rythme requis. L’objectif de doubler le rythme des gains d’efficacité énergétique, lui, n’a pas été mis en œuvre et n’a pas fait l’objet d’un travail préparatoire comparable à celui de l’AIE sur l’électrification.

L’objectif « 35/35 » documenté par l’AIE

À la demande de la présidence de la COP31, l’AIE a publié à la mi-octobre le rapport « Electrification ». Il documente l’objectif de porter à 35 % en 2035 la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie.

Le rapport de l’AIE ne fixe aucune règle sur l’origine de l’électricité consommée. Celle-ci pourrait provenir de technologies bas carbone, mais aussi d’une capacité accrue de centrales à gaz ou du maintien de centrales à charbon.

Le tableau dressé par l’UNEP associe ainsi progrès du déploiement renouvelable et retard persistant sur l’efficacité énergétique. La réduction des émissions dépend donc à la fois de l’évolution de l’offre d’énergie et de la maîtrise de la demande.

Source : Connaissance des Énergies